L’association Biovallée continue son exploration de la place du vivant dans la gouvernance des organisations et des territoires.
L’association Biovallée souhaite agir pour faire face aux crises et instabilités écologique, sociale, économique et démocratique, qui impactent la vie des habitantes et habitants, humains comme autres vivants, et menacent la santé des personnes, de la société et des milieux naturels.
Pour cela, nous contribuons au côté de beaucoup d’autres à apporter des réponses concrètes aux enjeux de la transition sur notre territoire. Mais nous sommes aussi convaincus que des transformations culturelles plus profondes sont nécessaires. C’est le cas concernant notre rapport au vivant, notre manière d’habiter le territoire et de prendre des décisions qui impactent directement les écosystèmes.
Dans cette perspective, nous avons engagé une réflexion ouverte sur la place du vivant dans la gouvernance. Une réflexion nourrie par une veille attentive de ce qui avance autour de nous, des questionnements sur la manière dont notre association peut elle-même se transformer, et comment soutenir les initiatives naissantes sur le sujet, sur notre territoire.
Une précieuse contribution bénévole
Nous avons la chance de compter parmi nos soutiens fidèles, Nathalie Reynet, juriste de formation et contributrice bénévole aux travaux de l’association. Lors de deux sessions d’immersion professionnelle à nos côtés, elle s’est intéressée aux questions de reconnaissance juridique du vivant et des droits de la nature.
Depuis, Nathalie réalise une veille régulière sur les initiatives en cours en France et ailleurs, et partage ses trouvailles pour alimenter nos réflexions. Parlements de rivières, assemblées citoyennes, propositions législatives, expérimentations de gouvernance et récits collectifs donnant voix aux fleuves et aux écosystèmes… : la reconnaissance du vivant comme sujet de droit progresse et toutes ces initiatives sèment l’inspiration et l’action !
S’allier avec la rivière Drôme
Chez nous aussi, les lignes bougent. Porté par une énergie citoyenne, un projet intitulé « Faire alliance avec la rivière Drôme » émerge sur le territoire. Il est animé par Céline Poret, Séverine Romanovski et Sabine Rabourdin, en partenariat avec Écologie au Quotidien et le Fonds Rivières Sauvages.
Le collectif porteur de cette initiative déclare que la rivière est une entité avec qui il faut apprendre à interagir dans le respect de sa liberté et de ses besoins, et avec qui il faut faire alliance.
Dans cet esprit, son ambition est de renouer le lien vivant entre la rivière et les habitants et habitantes, de faire résonner les sagesses locales et la mémoire du territoire, et de construire une culture commune entre tous les acteurs et actrices du bassin versant.
Pour avancer, l’équipe mise sur des démarches collaboratives et sensibles : créer des liens, partager les connaissances et les expériences, faire découvrir au plus grand nombre les principes des droits de la nature, soutenir la candidature de la rivière au label « Site Rivières Sauvages » et mener des expérimentations. Notre association suit cette initiative avec intérêt et attention.
Les porteuses du projet vous donnent rendez-vous pour un atelier le 30 janvier de 9h30 à 12h30, dans le cadre des Rencontres de Die, pendant lequel vous pourrez expérimenter une méthode de concertation avec la rivière et son milieu. Plus généralement, elles sont à l’écoute des acteurs qui s’engagent à prendre soin de la rivière. Les Rencontres de Die proposent d’autres temps dédiés à la Drôme, du 28 janvier au 1er février 2026.
Décider avec le vivant
Pour aller au bout de la logique, nous nous interrogeons sur la meilleure façon de représenter le vivant dans les décisions que prend notre association au service du territoire.
Dans le cadre d’un chantier en cours sur l’évolution de notre fonctionnement associatif, une expérimentation sera mise en place en 2026 sur la représentation du vivant dans notre gouvernance associative. Pour outiller ce travail, Céline Poret, administratrice de l’association Biovallée, participera à la première session de la formation « administratrice nature » ces prochains mois. Elle partagera les enseignements de cette formation avec le conseil d’administration. Quelle posture ? quels outils ? qui est légitime ? quel bagage technique, scientifique ? Des questions auxquelles nous répondrons par des propositions opérationnelles adaptées à notre contexte. Si l’expérimentation est concluante, nous formaliserons dans un second temps ces évolutions dans nos statuts.
Cette année, nous poursuivrons ainsi nos actions sur le lien au vivant. En gardant toujours en tête que « nous dépendons de ce qui dépend de nous ».