Début septembre, l’équipe des salariés de l’association Biovallée a quitté ses locaux d’Eurre pour deux jours d’immersion dans la vallée de Quint. Objectif : renforcer les liens au sein de l’équipe, mais aussi aller à la rencontre d’acteurs locaux engagés dans la transition écologique et sociale.
Au sein de l’équipe, il ne nous a pas fallu longtemps pour décider de partir parcourir la vallée de Quint. Nous étions curieuses et curieux de découvrir les lieux et la dynamique de ce territoire, tant la concentration d’acteurs et d’initiatives en matière de transition y est importante. Une vallée de Quint innovante dans une Biovallée innovante. Nul doute que nous avions beaucoup de choses à partager !
Jour 1 : un parcours riche en rencontres
Nous avons débuté ces deux journées avec une visite au monastère de Sainte-Croix où Frédéric, Julia et Lise-May nous ont présenté le lieu. Si le monastère accueille randonneurs, touristes et entreprises venant de tous horizons, le choix de sa programmation culturelle vise également à réunir les habitantes et habitants du coin. C’est ainsi un lieu créateur de lien social, confluence entre la vallée de Quint et la vallée de la Drôme. C’est également un lieu de transmission comme à travers l’organisation du Festiwild, un festival pour réconcilier l’homme et la nature. Deux sujets qui nous relient : lien social et lien au vivant.
Nous y avons retrouvé Acoprev, centrale villageoise qui équipe les toits et parkings de panneaux photovoltaïques pour fournir une énergie renouvelable en circuit court. Six communes bénéficient déjà de cette initiative citoyenne où chacun peut devenir sociétaire et consommer localement l’électricité produite.
À Sainte-Croix, nous avons également rencontré Jean-Claude Mengoni et Émile, des Jardins nourriciers. Ici, le maraîchage se pratique en commun : quelques heures de jardinage par semaine contre un panier de légumes, mais surtout beaucoup de liens humains et de savoirs partagés.
Quelques coups de pédale et une petite côte plus loin, nous voilà à Saint-Andéol où Françoise Bronchart, nouvelle maire, nous a ouvert ses portes. Elle nous a confié avec authenticité son expérience d’élue de proximité et ses convictions. A l’échelle d’une commune de moins de 100 habitants, seul le dialogue constant avec et entre les habitants peut permettre de faire avancer les projets. Nous retiendrons notamment la belle coopération avec l’association Valdequint, qui a permis au cantonnier de s’équiper d’un vélo et d’une carriole sous forme de prêt. Quand les moyens sont limités, l’organisation collective fait toute la différence.
J2 : temps d’échange collectif et castor au programme
À Saint-Julien-en-Quint, nous avons rencontré Valdequint, espace de vie sociale qui joue un rôle essentiel dans le lien social et l’accès à certains services dans la vallée. Coworking, ateliers pour tous les âges, location de matériel pour bricoler ou transformer ses légumes, mise à disposition d’une voiture partagée ou encore de vélos électriques… Sans oublier la venue mensuelle d’un agent France Services, pour simplifier la vie administrative et éviter l’isolement.
Nous avons ensuite partagé un temps d’échange collectif avec plusieurs acteurs de la vallée. Tout d’abord, Tim Heider, fondateur des Jardins nourriciers et maraîcher confronté aux enjeux de l’eau – et par ailleurs bénévole dans de nombreuses associations de la vallée. À nos côtés également le deuxième adjoint de la commune de Ponet Saint-Auban et Valdequint, présenté plus haut. L’association Codyter enfin, qui mène des actions en faveur de la biodiversité et accompagne les acteurs de la vallée dans la relation au castor, précieux allié pour la régénération des zones humides et la vie qu’elles ramènent. Codyter organise également projections de films, conférences et actions pédagogiques, faisant le pari que la mise en valeur de l’histoire et du patrimoine de la vallée permettra de nouer des liens précieux entre tous ses habitants. Ainsi sera présenté, lors d’un prochain événement sur le thème de l’eau, un cahier d’anciens élèves de l’école récemment retrouvé, qui décrivait avec une grande précision la rivière Sure en 1943.
En creux, au fil des rencontres et des témoignages, nous sentons une pointe de découragement face à la difficulté à mobiliser, à combler les distances physiques et culturelles qui séparent encore les habitants, à mener des projets en commun qui s’affranchissent des limites administratives, à lutter contre la résignation face aux effets du changement climatique et aux moyens qui se réduisent… La dynamique de transition en vallée de Quint serait-elle dans le creux de la vague ? Pas vraiment, mais de l’avis de tous, du renfort serait bienvenu !
Nous avons terminé par une balade le long de la Sure, guidés par Caroline Sorez de Codyter, à la découverte de plusieurs barrages de castors. En cette fin d’été, l’utilité de ces ouvrages était encore plus flagrante, là où ailleurs on frôlait l’assec, ici trois petits bassins permettaient aux poissons d’attendre le retour de la pluie et la ripisylve était encore d’un joli vert !
En bref, deux belles journées oxygénantes, des liens (re)noués et renforcés et une question en suspens pour notre équipe… quelle sera notre prochaine destination ?