Comment mieux intégrer les plantes à parfum, aromatiques et médicinales (PPAM) dans les parcours de soin ? Comment garantir leur qualité, renforcer la confiance et renforcer les liens entre producteurs, chercheurs et professionnels de santé ? Pendant trois jours, le 4e colloque PPAM organisé par l’association Biovallée a réuni producteurs, chercheurs, pharmaciens, médecins, transformateurs et praticiens pour répondre collectivement à ces questions.

Un rendez-vous clé pour la filière

Cette 4ème édition était attendue ! On sait d’expérience ce que ce grand rassemblement produit : il redonne de l’élan, fait avancer les idées, crée les synergies qui permettent les premiers pas vers du concret ! Les acteurs de la filière, cette année réunis autour de la problématique de l’intégration des PPAM dans les parcours de soins conventionnels, ont pu mettre en commun leurs préoccupations pour mieux y répondre. À l’unanimité, c’est une crise de confiance qui empêche les PPAM d’occuper leur juste place. Une crise qui s’explique par plusieurs facteurs :

  • des chaînes de transformation trop longues pour permettre des contrôles fiables
  • le recours de plus en plus fréquent à l’adultération (ajout de substances de qualité inférieure pour créer du volume),
  • un manque de formation des professionnels de santé sur les PPAM,
  • des cadres réglementaires qui peinent encore à accompagner l’évolution des usages et des métiers liés aux PPAM,
  • et un déficit de données scientifiques et de référentiels partagés.

Tous les intervenants ont rappelé la même nécessité : restaurer la confiance dans les produits, les pratiques et les usages.

Des coopérations qui produisent déjà des résultats

Le colloque PPAM porte ses fruits, parmi lesquels le projet Circoupam né de l’édition de 2022 et porté ensuite par le Syndicat des Simples. Le projet, en bonne voie, développe  l’approvisionnement des pharmacies en plantes médicinales issues de circuits courts. Un projet qui bénéficie à la fois aux producteurs locaux et aux officines engagées dans une démarche qualité.

L’attente était donc grande cette année : quelles avancées espérer de ces 3 jours d’intelligence collective ?

Comme l’a rappelé le professeur Jacques Kopferschmitt en ouverture :

« Biovallée est un terrain idéal pour transformer une conviction partagée en projets et référentiels. »

Pour nourrir les échanges, de nombreux intervenants étaient venus présenter leurs initiatives, des projets appelés à se nourrir les uns des autres et à inspirer de nouvelles solutions. Parmi lesquelles :

  • BotaniCERT et le label Botani+, présentés par Francis Hadji Minaglou, développent des outils analytiques destinés à renforcer l’authentification des plantes et des extraits végétaux. Une problématique également illustrée par Kevin Burdin, préparateur en pharmacie, au travers de plusieurs exemples de produits adultérés ou non conformes observés en officine.
  • HEPNA, porté notamment par Pierre-Yves Mathonet et Victoire Héran, travaille à la création de labels garantissant la pureté et la naturalité des huiles essentielles afin de répondre aux problématiques d’adultération.
  • La Guilde des praticiennes et praticiens en herboristerie structure les pratiques professionnelles, développe un cadre déontologique et favorise les liens avec le monde médical.
  • L’Association des Herboristeries de France accompagne les professionnels du secteur autour des enjeux de qualité, de formation et de sécurité du conseil au public.
  • L’Association française d’aromathérapie clinique contribue au développement et au partage de données issues des usages des huiles essentielles dans les établissements de santé.
  • Le projet de licence professionnelle en herboristerie porté par l’Université Grenoble Alpes vise à renforcer la formation des futurs professionnels sur les questions de qualité, de sécurité des usages et de connaissance des plantes.

Les entreprises du territoire, comme Nateva ou Elixens, ont également partagé leurs pratiques en matière de contrôle qualité, de traçabilité et de sécurisation des approvisionnements.

Les travaux présentés par la Docteure Aline Mercan sur les usages des huiles essentielles chez des patients atteints de mucoviscidose ont également rappelé l’importance de mieux documenter les pratiques déjà existantes.

Des perspectives de travail pour les prochaines années

À l’issue du colloque, plusieurs priorités de travail se dessinent pour les années à venir : renforcer les outils de garantie qualité, développer la recherche clinique et les données de terrain, structurer des bases de données partagées, consolider les formations professionnelles et universitaires ou encore renforcer les coopérations entre filière agricole, recherche et professionnels du soin.

Une dynamique déjà à l’œuvre en Biovallée, où le colloque s’impose progressivement comme un espace de coopération capable de faire émerger des projets collectifs au service de la filière PPAM.

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