L’assemblée annuelle du programme Territoire d’innovation Biovallée, dont l’association Biovallée assure la gestion, s’est tenue le 8 octobre 2025 à la Fondation Robert Ardouvin à Vercheny. Acteurs, partenaires et curieux se sont retrouvés pour faire le point sur les avancées du programme.

Voici la synthèse en images de ce temps fort.

 

👉 Revivez la conférence dans son intégralité, en vidéo. 

 

Rappel sur le programme

En 2020, Biovallée a été lauréate du programme national Territoire d’innovation. Notre vallée bénéficie de fonds exceptionnels : 5,7 millions d’euros de subventions sur 8 ans et 500 000 € d’investissements de la Caisse des Dépôts. Le programme soutient 45 projets portés par 22 acteurs différents – collectivités, associations, entreprises et établissements publics – dans des domaines variés : agroécologie, alimentation, rénovation de l’habitat, énergies renouvelables, mobilité durable, économie circulaire et savoirs.

Pour garantir la cohérence et l’efficacité des actions, le comité de pilotage, composé des trois intercommunalités de la vallée de la Drôme et de l’association Biovallée, veille au bon avancement des projets et s’assure du respect des intentions initiales.

 

Zoom sur les actions

Agriculture et alimentation

Dans le Pays Diois, un ancien centre de vacances, le Plantier, deviendra dès 2027 un lieu entièrement dédié à la souveraineté alimentaire. 2 500 m² de bâtiments seront réhabilités dès 2027 : une cuisine rurale et bio pour livrer cantines et personnes fragiles en liaison chaude, un atelier de transformation pour les agriculteurs, et des logements pour leurs saisonniers. Un projet un peu fou. Et pourtant, tout le monde y a cru.

« La force du projet est sa gouvernance inédite : les membres du comité de pilotage ont été tirés au sort, une façon d’enrichir le pouvoir de choisir de chacun. Le projet a été pensé en encourageant la co-construction de solutions collectives. Ainsi sont nées les idées qui facilitent l’accès au commun : lieux, outils, espaces de coopération. »

 

Anne Rouch, chargée de mission alimentation de la communauté des communes du Diois

👉 En savoir plus sur le projet du Plantier

 

La communauté de communes du Val de Drôme en Biovallée anime les actions menées en faveur de l’agriculture et de l’alimentation, dans le cadre d’une vision d’évolution des pratiques pour 2050. Au total, 21 opérations portées par 12 acteurs : animation de groupes d’agriculteurs, mutualisation de matériel, création de jardins familiaux partagés, expérimentation d’une caisse sociale alimentaire… Des enjeux majeurs se dégagent : la sécurisation du foncier, le maintien des agriculteurs et la gestion de l’eau.

« Il faut aider les partenaires et accompagner les sujets émergents sur ces thématiques. On est en réflexion sur la suite. On va avoir besoin de continuer à coopérer et à se concerter pour que ça continue après le programme. »

 

Élise Chevalier, chargée de mission agriculture à la communauté de communes du Val de Drôme en Biovallée.

👉 Pour en savoir plus sur les actions en faveur de la justice alimentaire 

 

Économies d’énergie 

René-Pierre Halter, vice-président énergie et mobilité de la communauté de communes du Crestois et du Pays de Saillans, a rappelé le rôle fondamental du service public intercommunal de l’énergie. Ce service apporte un conseil personnalisé et indépendant aux différents publics (communes, habitants, professionnels), pour faciliter la rénovation énergétique des bâtiments et lutter contre la précarité énergétique. Des économies par et pour toutes et tous, à commencer par l’intercommunalité elle-même :

« Nous produisons autant d’énergie renouvelable sur les locaux de la communauté de communes qu’ils n’en consomment. Nous avons tenu à être exemplaires et nous accompagnons les communes qui souhaitent suivre l’exemple. »


René-Pierre Halter, vice-président énergie et mobilité de la communauté de communes du Crestois et du Pays de Saillans

Julien Coudert, coordinateur rénovation au service public intercommunal de l’énergie, a présenté un projet d’isolation des ballons d’eau chaude qui permet des économies de 250 à 500 kWh par an et par foyer, soit une économie annuelle de 55 à 110 €. Une opération certes modeste à l’échelle individuelle, mais dont la généralisation pourra produire des résultats significatifs.

Encore une fois, le fruit d’une belle coopération territoriale : le bureau d’études Enertech a conçu le kit d’isolation et de contrôle de température, le service public intercommunal de l’énergie identifie les ménages en situation de précarité énergétique, les Compagnons bâtisseurs installent les équipements et, cerise sur le gâteau, la coopérative Dwatts cofinance cette action solidaire grâce à son fonds de maîtrise de l’énergie, alimenté par une partie des excédents de la vente d’électricité locale sur ses boucles d’autoconsommation collective.

 

Production d’énergies renouvelables

Le développement des énergies renouvelables se poursuit à un rythme régulier. L’autoconsommation collective est une voie d’avenir pour stimuler les propriétaires de bâtiments à installer du photovoltaïque en toiture, notamment les communes. La commune de Mirabel-et-Blacons, par exemple, a installé des panneaux et rejoint une boucle d’autoconsommation patrimoniale. Grâce à cette initiative, elle couvre 22 % de ses besoins d’électricité et sa facture a baissé de 19 %.

« Si les communes ne souhaitent pas ou n’ont pas les moyens de financer elles-mêmes les installations, elles peuvent aussi intégrer une boucle d’autoconsommation collective gérée par la coopérative Dwatts ou lui confier la réalisation de l’installation. »

 

Guillaume Chiron, développeur énergies renouvelables pour les communautés de communes du Val de Drôme en Biovallée, et du Crestois et Pays de Saillans

👉 En savoir plus sur l’autoconsommation collective

 

La coopérative Dwatts contribue de manière significative aux résultats du territoire en matière de production d’énergies renouvelables.

« La clé de notre réussite, c’est qu’on arrive à mettre ensemble une volonté territoriale avec une capacité d’investissement et une mobilisation d’acteurs locaux, y compris des artisans locaux pour la mise en œuvre des projets. »

 

Jean-Baptiste Boyer, président directeur général de Dwatts

Mais Dwatts n’intervient pas que sur le photovoltaïque : la structure agit aussi sur l’efficacité énergétique, les chaufferies et la filière bois, l’éolien citoyen et l’animation territoriale – indispensable pour sensibiliser les acteurs et faire sortir les projets.

👉 En savoir plus sur les actions de Dwatts sur le territoire

 

Mobilité

Côté mobilité, outre les infrastructures et les services pour encourager l’utilisation du vélo, c’est l’autopartage qui fait l’objet de toutes les attentions. La voiture reste une option incontournable pour beaucoup de déplacements en milieu rural, mais son usage peut évoluer. De nombreuses expérimentations ont été conduites sur le territoire par les intercommunalités, Dromolib ou des collectifs d’habitants. Pour que l’autopartage prenne réellement sa place dans les pratiques de mobilité, il reste à stabiliser et mieux faire connaitre les services existants, et trouver les modèles qui permettront de les déployer et changer d’échelle.

Le programme Territoire d’innovation Biovallée a été un booster d’initiatives sur la mobilité. Nous avons fait la preuve de la force de notre territoire. Nous devons maintenant trouver des moyens nouveaux pour continuer à innover.

 

René-Pierre Halter, vice-président énergie et mobilité de la communauté de communes du Crestois et pays de Saillans

👉 En savoir plus sur l’expérimentation de l’autopartage en Biovallée

 

Économie circulaire

Le projet phare soutenu par Territoire d’innovation est la filière locale de recyclage du plastique Paillettes, qui transforme des canoës en mobilier et objets. Elle arrive aujourd’hui à un moment pivot de son développement. Il s’agit désormais de diversifier et massifier les gisements de plastique mobilisés, de mieux valoriser les “paillettes” de plastique vendues et de trouver davantage de clients sensibles à la démarche globale pour les objets produits :

« Malheureusement, aujourd’hui, il est toujours plus cher d’intégrer du plastique recyclé que du plastique vierge. »


Philippe Remanieras, industriel, président du 8fablab Drôme

Plusieurs entreprises partenaires jouent le jeu. Elles améliorent le tri à la source du plastique. C’est là que le monde industriel et celui des projets locaux comme Paillettes se rejoignent.

👉 En savoir plus sur la filière Paillettes

 

Beaucoup d’actions concrètes sont conduites en matière d’économie circulaire, notamment de sensibilisation et communication, nerf de la guerre quand il s’agit de changer les habitudes. En voici un aperçu : ateliers dans les ressourceries, matériauthèques et fablabs, création de films, interventions dans les collèges, évènements festifs, installations favorisant le tri et le réemploi (bennes, points d’apport volontaire pour les biodéchets, aires de réemploi), lieux de valorisation… Les acteurs de l’économie circulaire sont très actifs sur le territoire. Une dynamique précieuse et à soutenir.

« L’objectif premier de l’intercommunalité est de renforcer et pérenniser les acteurs présents sur notre territoire. »

 

Rémi Gras, chargé de mission économie à la communauté de communes du Crestois et Pays de Saillans

 

Innovation et savoirs

Un territoire innovant, c’est aussi un territoire qui sait travailler avec le monde de la recherche et s’appuyer sur les connaissances scientifiques et les savoirs locaux. Le programme Territoire d’innovation Biovallée a soutenu l’émergence et la structuration du pôle des savoirs de l’association Biovallée. Son rôle : capitaliser les savoirs locaux utiles à la transition et les transmettre, sous de multiples formes : conférences, visites de territoires, formations sur le terrain, programme radio valorisant les initiatives locales (130 émissions)… Le Campus du Val de Drôme et le Campus Smash concourrent aussi à ces objectifs.

« Il faut rendre la recherche utile, accessible et responsable », rappelle Patrice Partula, président de la SMASH, en prenant l’exemple du jumeau numérique de la rivière Drôme, un projet de recherche qui démarre sur le territoire, porté en partenariat par la SMASH et l’association Biovallée.

 

Le programme Territoire d’Innovation Biovallée se terminera fin 2027. Les intercommunalités et les acteurs locaux préparent la suite, avec l’appui de l’association Biovallée, pour collectivement continuer à agir pour demain.

Share This