Une carte sonore de la rivière Drôme vous invite à parcourir le chemin de l’eau en vallée de la Drôme, un magnifique outil de sensibilisation à ce précieux bien commun.
À la suite de la sécheresse de 2022, un projet de recherche-création est né, porté par l’association Bande sonore à Die : donner à entendre la pluralité des manières de connaître, d’utiliser et de se relier à l’eau en vallée de la Drôme. En 2024, une enquête sensible a rassemblé des témoignages de celles et ceux qui, par leur histoire, leur métier ou leur attachement au territoire, ont une relation particulière avec l’eau.
De ce travail est née cette magnifique carte sonore proposant 25 mini-récits, à écouter comme un cheminement dans la vallée. On y découvre les voix d’élus, d’agriculteurs, de chercheurs, d’artisans, d’anciens et d’habitants qui ont tous un lien fort à l’eau.
Des témoignages précieux
Parmi ces voix, on entend par exemple Claude Veyret, paysan retraité, qui revient sur l’évolution de l’agriculture et du rapport à la terre ; Joël Boeyaert, maire d’Aucelon, pour qui l’eau est un enjeu de pouvoir et de survie villageoise ; Pascal Baudin, élu à Bellegarde-Montlahuc, attentif au débit de sa source « comme une casserole de lait sur le feu » ; Bruno Ponson, plombier et ancien élu, qui raconte la découverte d’une source salvatrice ; ou encore Joël Bonnard, gardien des sources de Pradelle, qui perpétue le savoir-faire sourcier.
On entend également Sabine Girard à Saillans qui évoque la démocratie locale autour de la Commission de l’Eau, Marco Forconi qui raconte l’expérimentation de la permaculture à grande échelle, Marta Sostres, cinéaste, qui partage ses observations des castors la nuit, Sjoerd et Liek Wartena qui se souviennent des étés sans eau à Vachères-en-Quint…
Un fil conducteur à la fois intime et collectif
Chaque récit, qu’il dure une minute ou dix, ouvre une porte sur l’histoire sensible et politique de l’eau dans la vallée : son partage, ses usages, ses conflits mais aussi les liens affectifs et symboliques qui unissent les habitants à ce bien commun.
Cette carte sonore invite ainsi à écouter autrement le territoire : non pas seulement à travers le bruit de la rivière, mais par les voix de celles et ceux qui, depuis des générations, veillent, s’adaptent et inventent des manières de vivre avec l’eau.