Le 8 avril 2025, le Dauphiné Libéré titrait « L’association Biovallée veut créer un jumeau numérique de l’eau » suite aux Rencontres annuelles de l’association. Début octobre, c’est parti avec un travail de thèse sur 3 ans. Éclaircissement sur le sujet.
Un jumeau numérique, c’est quoi ?
Un jumeau numérique est une réplique virtuelle d’un objet par des modèles mathématiques. Par exemple, créer un jumeau numérique d’un pont permet d’améliorer la surveillance de celui-ci et d’améliorer sa maintenance grâce à un modèle informatique qui analyse et simule son état. Contrairement à d’autres modèles, un jumeau numérique est alimenté par des données en temps réel. Toujours sur l’exemple du pont, celui-ci est donc équipé de capteurs qui mesurent et transmettent les conditions environnementales, le trafic, la solidité des matériaux… Cela permet de surveiller la santé de la structure mais aussi de réaliser des opérations de maintenance de manière préventive, prolongeant ainsi la durée de vie du pont.
Les jumeaux numériques se développent depuis longtemps. Et ils ne s’appliquent plus seulement aujourd’hui à des objets. De nombreuses villes expérimentent et mettent en place cet outil pour penser leur aménagement, améliorer leur service et optimiser leur fonctionnement et le coût associé (concept de smart city – ville intelligente). Dans le domaine de l’eau, les jumeaux numériques sont particulièrement utilisés pour prévoir et gérer en temps réel les inondations. Ils permettent d’identifier les scénarios de crues les plus probables et de déployer les actions de communication de crise et de secours les plus adaptées. Depuis peu, les jumeaux numériques se développent également à l’échelle de bassin versant pour diagnostiquer l’état des ressources en eau et simuler leurs évolutions, permettant ainsi d’accompagner une gestion équilibrée de l’eau.
Accompagner les projets de recherche sur le territoire
Mais un modèle numérique reste une construction faite par des chercheurs ou des experts. Elle résulte de choix de méthode et de sélection de paramètres. Tous les modèles ne répondent pas à toutes les questions. Il est donc essentiel qu’un jumeau numérique soit coconstruit avec un territoire et ses acteurs, pour qu’il soit utile. C’est le rôle que jouent la SMASH – Société de mathématiques appliquées et de sciences humaines et l’association Biovallée dans le développement de ce projet.
Et justement, un travail de thèse sur trois ans démarre début octobre 2025 pour la construction d’un jumeau numérique de l’eau sur le bassin versant de la Drôme. Ce travail est porté par le Laboratoire de météorologie dynamique (LMD) et le Centre international de recherche sur l’environnement et le développement (CIRED). L’association Biovallée joue un rôle de facilitateur territorial. L’occasion de mettre au travail cette interface science-société en réponse aux besoins des acteurs locaux en matière de gestion de l’eau et de sa raréfaction sur le territoire.
Vous souhaitez en savoir plus sur cette thèse ? Venez rencontrer Augustin Clédat, le doctorant qui réalisera ce travail, à l’occasion de la conférence « La science au service de la transition » le mercredi 8 octobre 2025 de 14h à 16h à Vercheny.